Les spectacles de la saison 2021-2022
Au sommet de leur art les acrobates aspirent au grand envol : se défaire de toute gravité et, comme ces nuées d’étourneaux au vol à la fois spontané et coordonné, entrer dans un ballet aérien si bien réglé et si dense qu’il en éclipse un instant le soleil.
Composant et décomposant des figures en métamorphose incessante, Möbius tisse un monde flottant où chaque émergence individuelle retourne au flux d’une danse continue, chaque membre du groupe réagissant de façon simultanée comme s’ils ne formaient qu’un seul être : un être vaste et libre comme la vie même. Les corps paraissent pris dans un jeu de dominos géant. La précision des figures acrobatiques est ici une obligation, même si elle n’entrave jamais la poésie du résultat. On pense au ruban de Möbius, belle métaphore pour un spectacle où le mouvement est « en perpétuelle invention ». Dans cette aventure, les 19 circassiens du plus haut niveau sont accompagnés par le chorégraphe de talent Rachid Ouramdane qui apporte sa touche ciselée, avec, notamment, un bouleversant hommage au fameux « saut dans le vide » du peintre Yves Klein. Möbius est à leur image, infiniment beau.
Manchester, hiver 1952. Suite au cambriolage de son domicile, le professeur Turing porte plainte au commissariat. D’allure peu conventionnelle, il n’est d’abord pas pris au sérieux par le sergent Ross. Mais sa présence n’échappe pas aux Services Secrets. Et pour cause, Alan Turing est un homme détenant de nombreux secrets… De son incroyable acharnement pour briser l’« Enigma », à sa course irrépressible pour comprendre le « code » de la nature, nous découvrons un homme atypique et attachant, inventeur d’une « machine pensante », véritable genèse de l’intelligence artificielle et des ordinateurs…
Une histoire fantastique sur les méandres de la famille et de ses secrets.
Une Famille extraordinaire : un père insubmersible, une mère protectrice. En leur sein, une fratrie qui fête et savoure chaque instant au rythme de scènes fantasmées de jeu de combat, rituels nostalgiques du passé glorieux de leur père.
Un jour, pourtant, un acte manqué à plus d’un titre brisera leur équilibre. Ils feront tout pour éviter l’inéluctable... voire le pire. C’est l’histoire de la famille Ortiz qui vit d’amour comme dans un rêve... jusqu’à ce que la réalité s’en mêle.
Une exploration des rouages familiaux avec ses
secrets et ses révélations. Une histoire tendre ancrée dans notre actualité. Tout commence par une journée à peine différente des autres pour Isabelle. Elle embrasse son mari qui part, comme souvent, travailler deux semaines à Abou Dhabi et elle enchaîne avec le train-train du quotidien : voiture à déposer au garage, soirée copine à préparer…
Mais… sa sœur arrive à l’improviste pour lui parler d’un « truc » qu’il faut démêler avec leur mère… Ensuite, son fils revient passer quelques nuits à la maison… Et pour finir, ce vieil ami metteur en scène, qui fait une carrière incroyable aux Etats-Unis, arrive, par surprise, dans la vie d’Isabelle…
Aujourd’hui, la vie met bas les masques et Isabelle s’en trouve déboussolée…
Il faut réagir ! Mais en chemin : quiproquos, invraisemblances, incompréhensions, visions fantaisistes, personnages hauts en couleurs, slam, bouts de refrain, cachettes secrètes, et nettoyage de printemps…
Voici de l’humain dans ce qu’il a de touchant, c’est-à-dire dans sa normalité, ses peurs, ses ratés, ses hésitations, ses erreurs, ses petits mensonges de rien du tout… de l’humain dans lequel on peut se projeter.
Jacqueline Bir, « la Bir » ! Rien que son nom est la marque d’une grande comédienne de la scène belge qui a défendu plus de 200 rôles. Afin de saluer publiquement sa magnifique carrière, son complice Alain Leempoel réunit autour d’elle une équipe « sur mesure » et lui offre un rôle à la hauteur de son talent : celui de Miss Sheperd, incarné à l’écran par une autre grande dame, Maggie Smith, dans le film The Lady in the Van. Une occasion de vous présenter, en exclusivité à Bruxelles, une première création dont Wolubilis est coproducteur.
Londres, début des années 70, le dramaturge Alan Bennett s’installe à Camden Town et voit débarque une vieille dame en guenilles qui semble habiter dans sa camionnette. Elle lui demande si elle peut garer son « van » devant sa maison pour quelques semaines… Cela va durer quinze ans.
Et c’est une histoire vraie. Des années pendant lesquelles l’écrivain tente de percer le mystère de cette femme, autoritaire et capricieuse, qui n’épargne rien ni personne. Dans le monde de Miss Sheperd, la musique est une souffrance, la Vierge Marie, un secours, et la persécution des bonnes âmes charitables, un hobby ! Néanmoins attachante, elle devient une figure du quartier. Entre disputes, extravagances et situations drolatiques, « La dame à la camionnette » croque avec humanité et humour, les travers de la société britannique contemporaine… et la nôtre ?
Tirée du recueil Les Messieurs de Bruxelles, cette nouvelle développe le mystère des sentiments inavoués. Souvent, l’architecture d’une vie est composée de passions invisibles, qui ne se diront jamais, que personne ne devinera, inaccessibles parfois même à celui qui les éprouve. A travers un suspense subtil, l'auteur nous parle ici de l'amour entre l'homme et l'animal, amour pur, sans calcul ni bassesse. Un petit bourg du Hainaut. Samuel Heymann, l’ancien médecin du village, un demi-siècle de pratique, quatre-vingts ans, vient de se donner la mort. Cinq jours après celle, accidentelle, de son chien, Argos. Au café Pétrelle, les discussions sur les motivations de son acte vont bon train, chacun s’interroge. L’homme, toujours accompagné de son chien, un beauceron, ne se confiait pas. Il était le silence. Sa propre fille, Miranda, ignore tout de lui, sauf que son père et Argos étaient indissociablement liés.
Une lettre confiée à son ami écrivain, celle écrite, pour sa fille, durant les cinq derniers jours précédant sa mort, prend la forme de cet ailleurs. Et là, le mutisme s'évanouit, la lumière des mots éclaire le passé.
Nous sommes le 16 avril 2019. Les gargouilles qui viennent d’échapper à l’incendie nous plongent soudain dans le roman de Victor Hugo. A travers leur témoignages, nous revivons le drame et l’histoire. Elles nous font voyager dans le temps, nous entrainent du 15ème siècle au chantier de la cathédrale mené par Viollet-le-duc en 1865, tout en connectant avec aujourd’hui.
5 acteurs et 4 incroyables marionnettes vont nous faire revivre les grands moments de ce chef-d’œuvre. Vous y retrouverez les personnages mythiques de Hugo: Esmeralda, Quasimodo, Frollo... Suite à une brève présentation après deux semaines de répétitions, le directeur du magnifique théâtre Tristan Bernard à Paris avait décidé de programmer le spectacle à partir du 7 mars 2020…
Orphelin, le Chevalier de la Barre, est élevé par sa cousine Anne, Abbesse de Willancourt. D’une beauté éclatante et à l’esprit ouvert aux nouvelles philosophies, elle s’occupe de lui comme une mère. François est intelligent, cultivé et séduit par les pensées de Voltaire, Diderot, Rousseau, … Il est aussi secrètement amoureux de sa cousine.
Un jour de pluie, il omet d’ôter pas son chapeau lors d’une procession religieuse. Accusé de blasphème et d’impiétés, il conteste ce sacrilège et revendique son intérêt pour les philosophes jugés licencieux. Mais le clergé utilise ce prétexte pour en faire un exemple contre les mécréants, il sera lourdement condamné malgré tous les efforts de sa cousine, pourtant femme d’Église.
L’histoire tragique du chevalier est l’un des plus grands procès du XVIIIe siècle. Il deviendra le symbole de la lutte contre toutes les intolérances religieuses et aura une statue à Montmartre. Écrite dans la foulée des attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan, l’auteur de La Colère du Tigre confie à la Comédie Volter la création mondiale de sa pièce. Un texte fort sur l’intolérance religieuse, tout aussi valable dans n’importe quelle religion monothéiste et à toute époque…
Les Témoins est un journal dont l’intégrité et le professionnalisme ne font pas débat. Mais le jour où un candidat d’extrême droite gagne la présidentielle, les journalistes de la rédaction sentent vite le vent tourner : ils deviennent l’ennemi à abattre. Les Témoins doivent alors se battre pour préserver leur éthique et leur détermination sans sombrer dans une guerre de tranchées contre le nouveau pouvoir. Catherine, la rédactrice en chef ajointe, tente de conserver l’unité de ses troupes, au bord de l’implosion, alors que la rédaction accumule les enquêtes explosives. Cyril découvre le projet d’action terroriste d’un groupuscule écologique. Hassan suspecte qu’un pays ami ait exécuté un agent français (mais sa source est faible et il craint de relancer les graves tensions entre les deux pays). Rebecca met à jour une gigantesque histoire d’espionnage industriel perpétré par un proche du nouveau président. Romain, lui, découvre un embryon de résistance armée qui envisage déjà un Coup d’Etat.
Avec humour et poésie, Dimanche dépeint le portrait d’une humanité, en total décalage avec son époque, saisie par le chaos des dérèglements climatiques. Après leur immense succès public, et entre deux tournées internationales, les compagnies Focus et Chaliwaté s’offrent un second tour au Théâtre Les Tanneurs. Une famille s’apprête à passer un dimanche à la maison. Malgré la chaleur, les objets qui fondent, un vent à décorner les bœufs et le déluge qui fait rage, la vie suit son cours. Alors que tout se transforme et s’effondre, l’être humain déploie une surprenante inventivité pour tenter de préserver son quotidien… jusqu’à l’absurde. Au même moment, sur les routes parcourant le monde, une équipe de reporters animaliers préparent un documentaire témoignant de la vie des dernières espèces vivantes sur Terre. Fruit d’une écriture collective sans paroles, mêlant théâtre gestuel, théâtre d’objet, marionnette, jeu d’acteur et vidéo, Dimanche témoigne des cataclysmes en cours et à venir, et de l’apocalypse naissante.
Marcus Zingerman, est un puissant industriel. Il a fait fortune en développant une alternative au pétrole. Bingo ! La trouvaille dont tout le monde rêve. Hélas, ce biocarburant révolutionnaire a des effets pervers : il s’avère être la cause d’une épidémie mortelle. Bien qu’il clame son innocence, Zingerman est condamné à perpétuité. En prison, il reçoit la visite de Lisa Morin. Célèbre journaliste d’investigation, elle l’a choisi, comme sujet de son émission TV. Et nous allons assister à une fascinante partie d’échecs, truffée de mensonges, de confessions et de manipulations. Zingerman se bat pour l’honneur et la liberté, Lisa Morin pour la vérité et la gloire. Tous les deux se mesurent et marquent des points. Selon elle, tout le condamne. Selon lui, il est victime d’une sombre cabale. Qui a raison ? Qui a tort ? Ce sera sans pitié. Quel est le poids de la Vérité une fois semée la graine de la rumeur ? La propagation d’un virus, la pandémie, la manipulation des informations… À notre époque de buzz, hoax et fake news en tous genres, qui se répandent comme des traînées de poudre sur les réseaux sociaux et dans les médias, ce thriller haletant à l’humour féroce, dépeint le mécanisme pervers de la rumeur et son pouvoir destructeur. Choisissons bien nos mots… ils créent le monde.
Attention, la salle n’est plus accessible une fois le spectacle commencé. Comme toujours au Public, le resto du Public et l’Apparté sont ouverts du mardi au samedi (avant ou après spectacles) dès 19 heures. Le nombre de tables étant limité, il est recommandé de réserver au n° gratuit 0800.944.44.
À l’aube de sa mort, une mère décide de réunir les trois hommes de sa vie, son mari et ses deux fils, afin de les réconcilier. Mais entre paternalisme, aveuglement et désir d’émancipation, que reste-t-il de la famille lorsque le bal des rancœurs se met en place ? Ici, chacun va remettre en question l’héritage familial, celui que nous portons tous et dont on ne cesse de vouloir se débarrasser.
L’oeuvre de Joël Pommerat est intimement liée au Théâtre National. C’est notamment en ses murs qu’en 2011, il créait le magnifique Cendrillon. En 2016, y était présenté également Ça ira (1) Fin de Louis, un spectacle fleuve sur le politique. Avec Contes et Légendes, l’auteur-metteur en scène français revient à une forme de théâtre plus intimiste. Il se penche sur l’enfance et principalement sur ce point de basculement quand elle glisse vers l’adolescence. Quand les premières interrogations surgissent. Comment se construire, à travers quelles représentations collectives ?
Joël Pommerat associe ce moment-clef de l’existence humaine au mythe de la créature artificielle. Dans un univers légèrement futuriste, il imagine une cohabitation entre humains et robots sociaux. Non pas que l’intelligence artificielle soit au cœur du travail. Sa présence apparaît plutôt comme un prisme au travers duquel nos relations, nos émotions se révèlent dans toute leur complexité.
Le spectacle est le fruit d’un travail au long cours. Huit mois d’ateliers et de répétitions nourris de recherche. En dire plus serait péché. Ce serait comme révéler la fin d’un film exaltant. Nous sommes au théâtre certes, mais avec une équipe de haut vol et une écriture de plateau ciselée, Joël Pommerat le ferait presque oublier.
Juillet 1944 – Chartres vient tout juste d’être libérée de l’Occupation allemande. Dans la famille Giraud, on est coiffeur de père en fils, et c’est donc Pierre qui a dû reprendre le salon « hommes » de son père, mort dans un camp de travail un an plus tôt. Marie, sa mère, héroïne de la Résistance française, s’occupe quant à elle du salon « femmes », mais se charge également de rabattre quelques clientes vers son fils, pour se prêter à une activité tout à fait particulière. Tout est dans l’ordre des choses jusqu’à ce que Lise entre dans leur vie…
Cette comédie romantique par les auteurs à succès du Le Prénom et Un dîner d’adieu, servie par deux acteurs séduisants et plein de talent, nous permettra de revenir au Théâtre de la Valette à Ittre que nous avions déserté depuis des années. Lucie, auteur à succès, est en panne d’écriture. Méfiante, toujours pressée, un peu peste, elle a toujours écrit sur ses malheurs et a perdu l’inspiration le jour où elle a trouvé le bonheur. Qui pourra enfin lui rendre ses malheurs ? Heureusement, la vie est mal faite. Son nouveau voisin du dessous, Thomas va bouleverser son regard sur la vie. Il est veuf, humain, équilibré et affreusement sympathique et à des années lumières de l’univers bien cadré de Lucie. Suite à un dégât des eaux, ( la baignoire de Lucie débordant dans l’appartement de Thomas) ils entrent en contact. Les rebondissements s’enchaînent, les dialogues fusent aussi hilarants que percutants. Séduction, attraction, rejet, colère, indifférence, tout y passe.
Entraînée par son ami avec lequel elle vient de se disputer, Patricia arrive furieuse à un dîner « entre amis » où elle ne connaît personne. Comme elle ne dit pas un mot, on la prend pour une étrangère. Elle entretient alors le quiproquo et fait voler la soirée en éclats...
Venise sous la neige est une comédie dynamique et savoureuse tournant autour d’un énorme malentendu. On se prend très vite au jeu en observant ces 2 couples si différents, dont l’un d’eux pourrait sortir tout droit du fameux Dîner de cons.
Entre déchirures amoureuses et déclarations de mariage, les rôles vont s’inverser et la soirée va accumuler les catastrophes hilarantes pour notre plus grand plaisir.
Pour écrire un conte, il faut un décor : une masure, une forêt bien dense, de la neige ; des personnages dans la masure : un homme et une femme. Il est bûcheron, elle n’a pas d’enfant. Voilà, le décor est planté. Ah non, pas tout à fait, il faut un élément porteur de malheur qui va démarrer le conte. Ici, c’est un train à travers la forêt. Un train de marchandises. Un jour, comme par miracle, une petite marchandise va tomber du train… et la pauvre bûcheronne va la ramasser. Mais pour tout cadeau du ciel, il y a un prix à payer, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce grand bois touffu, la guerre mondiale. La guerre mondiale, oui, oui, oui… la suite, quand vous viendrez.
Voici une bien poétique façon de raconter l’Histoire. Et de poésie, nous avons tant besoin. Jean-Claude Grumberg est un immense conteur ! Il livre ici l’un de ses plus beaux récits, d’une force et d’une densité sans égales, qui laissera une trace durable dans les mémoires. Grumberg à travers l’horreur et la folie meurtrière, la déportation, raconte l’amour d’une mère et d’un père, la force de sauver, la plus précieuse des marchandises.
De tout temps, des hommes et des femmes se sont dressés contre le conformisme ambiant, bousculant les croyances religieuses, politiques ou sociales de leur époque. Le prix d’une telle audace se mesure souvent dans la douleur : arrestation, torture, mort soldent ces existences à contre-courant.
Vladimir Steyaert sort de l’ombre des vies réécrites ou englouties par l’Histoire. C’est par la découverte du parcours d’Alan Turing que le projet voit le jour. Scientifique britannique de génie, Turing parvient à briser le code de la défense nazie en pleine seconde guerre mondiale. Pourquoi étouffer le nom de celui qui a largement contribué à la victoire des Alliés ? Car il est homosexuel, un fait intolérable pour le puritanisme de l’après-guerre.
D’autres figures croisent celle de Turing. Giordano Bruno, frère dominicain du XVIe siècle, périra sur le bûcher pour avoir soutenu les thèses de Copernic. Camille Claudel payera cher sa condition de femme artiste. Morte en 1943 dans un asile du Vaucluse, son art, non reconnu de son vivant, sort enfin de l’anonymat dans les années 80. Chelsea Manning, analyste militaire américaine, est incarcérée pour trahison. Son crime: avoir livré des documents secret défense sur les bavures de la U.S. Army en Irak et en Afghanistan.
Autant d’existences qui font écho à l’heure où l’humanité peine à se réinventer. Un spectacle que j’ai eu le plaisir de découvrir il y a deux ans : passionnant et avec une mise en scène d’une précision extraordinaire. A ne pas manquer.
Après Dans la peau de Cyrano, la nouvelle création de Nicolas Devort.
Icare, musicien et chanteur talentueux rencontre vite le succès. Mais le chemin de la réussite se craquelle et au fur et à mesure de son ascension, ses démons le rattrapent.
Comment garder les pieds sur terre lorsque l’on est porté aux nues ? La valse d’Icare, ou l’épopée d’une vie en trois mouvements.
Dans ce conte musical sensible, drôle et tragique, une galerie de personnages haute en couleur prend vie sous nos yeux à travers le corps et la voix de l’acteur, et porté par l’imaginaire du spectateur.
Après « Dans la peau de Cyrano », le nouveau seul en scène de Nicolas Devort.
’été s’achève doucement, les petits oiseaux chantent, le soleil brille et au Collège Ste Jacqueline de Compostelle, on s’apprête à passer une année scolaire dans le calme et la bonne humeur. Mais un coup de téléphone, une lettre, une photo plongent la directrice, Arlette Davidson, dans un profond désarroi. Très désappointée, troublée mais décidée, Arlette va entreprendre un voyage vers une destination inavouable. Elle n’a pas le choix. L’honneur de l’école est en jeu. Mais qui va diriger l’établissement ? Mais oui, mais c’est bien sûr ! Shirley Davidson, sa demi-soeur jumelle. D’autant que chez les Davidson, quoi qu’il arrive, « on avance, on avance ». Ajoutons à cela, le retour d’un prof que l’on croyait hors circuit, les nouvelles circulaires du ministère, les cours « de rien », le nouveau concierge, les profs (les anciens, les nouveaux et les absents)… Une nouvelle année scolaire qui, comme les précédentes, promet d’être fatigante, fatigante, fatigante. Et comme on dit aux Etats-Unis, « The Show Must Go On ».
Le jeune et orgueilleux Ouroz participe au tournoi le plus important d’Afghanistan, le Bouzkachi du Roi. C’est un sport très violent pour des cavaliers où tous les coups sont permis. Mais Ouroz échoue, tombe de son cheval et se brise la jambe. Il doit à présent retourner dans sa province lointaine pour faire face à son père, le grand Toursène, qui fut champion de ce jeu cruel et porte la fierté et la gloire d’une famille qui n’a jamais failli dans les grandes épreuves.
Ainsi commence pour Ouroz un long et périlleux voyage initiatique. Il est accompagné de son fidèle serviteur, Mokkhi et de Jehol, son magnifique cheval fou. Ils vont rencontrer des êtres plus incroyables les uns que les autres et vont traverser des lieux d’une rudesse extrême. Éric Bouvron, fasciné par ce roman d’aventures sur les steppes afghanes, a eu envie d’adapter pour le théâtre le chef d’œuvre de Joseph Kessel. « On entend le vent et le galop infernal de chevaux. On entend les voix mélodieuses des sources transparentes. On prend du sable dans les yeux, on a peur, on s’exalte. » - Le Figaro «Une mise en scène créative à la fois inventive et superbement suggérée, un univers sonore totalement hallucinant et envoûtant, le jeu magistral des comédiens. C’est passionant, terrifiant et incroyablement réussi.» - Le Vaucluse
Trois espaces fermés dans lesquels les corps se déchaînent : un homme perdu, entre la vie et la mort, dans un labyrinthe aux portes obstinément fermées ; un navire habité par des personnages tourmentés ; un restaurant en proie à la montée des eaux. De ces trois pièces courtes créées entre 2013 et 2017 avec le Nederlands Dans Theater (NDT 1) – The Missing Door, The Lost Room et The Hidden Floor – Peeping Tom propose une réadaptation avec un tout nouvel ensemble de danseurs.
Entre théâtre et création chorégraphique, les performances de Gabriela Carrizo et Franck Chartier démarrent d’une situation ordinaire pour évoluer vers l’étrangeté. Déstabilisés, les personnages se débattent au sein d’un monde hyperréaliste, inquiétant, où sont brouillés les repères temporels. Souvenirs ou prémonition ? Les scènes, pensées comme des décors de cinéma, donnent à voir un espace surprenant et extrême, dans lequel l’humour et la fragilité côtoient le macabre. Au-delà de l’absolue virtuosité des danseurs dont les contorsions acrobatiques flirtent avec l’irréel, Triptych: The Missing Door, The Lost Room and The Hidden Floor propose un langage unique et, par un jeu de trompe-l’oeil, ouvre une dimension magique.
Nous sommes le 16 avril 2019. Les gargouilles qui viennent d’échapper à l’incendie nous plongent soudain dans le roman de Victor Hugo. A travers leur témoignages, nous revivons le drame et l’histoire. Elles nous font voyager dans le temps, nous entrainent du 15ème siècle au chantier de la cathédrale mené par Viollet-le-duc en 1865, tout en connectant avec aujourd’hui.
5 acteurs et 4 incroyables marionnettes vont nous faire revivre les grands moments de ce chef-d’œuvre. Vous y retrouverez les personnages mythiques de Hugo: Esmeralda, Quasimodo, Frollo... Suite à une brève présentation après deux semaines de répétitions, le directeur du magnifique théâtre Tristan Bernard à Paris avait décidé de programmer le spectacle à partir du 7 mars 2020…
A 78 ans, Monsieur Henri vit seul dans son appartement parisien, ce qui inquiète son fils, Paul. Si le septuagénaire, particulièrement bougon, refuse catégoriquement tout placement en maison de retraite, il finit par accepter de louer une chambre de son appartement à une étudiante. Constance, 21 ans, emménage chez lui. C’est une jolie demoiselle pleine de fraîcheur et d’enthousiasme, aux faibles moyens, en plein échec dans ses études, qui cherche encore sa voie. Loin de tomber sous le charme, Henri va se servir de Constance pour créer un véritable chaos familial dont il était loin d’avoir prévu toutes les conséquences… Une comédie décapante sur les ingérences familiales, les hérédités lourdes à assumer et la difficulté de concilier les grands rêves d’une vie avec les petits arrangements quotidiens… Une pièce drôle, touchante et originale qui fera rire toutes les générations.
Si nous ne pensons pas toujours ce que nous disons, disons-nous toujours ce que nous pensons ? Daniel invite à dîner, contre l’avis de son épouse, son meilleur ami et sa nouvelle conquête. L’apparition de la jeune et sublime créature agit comme un catalyseur et provoque une tempête dans la tête des maîtres de maison, bousculant leurs certitudes, réveillant frustration, jalousie et aigreur.
Un Zeller de premier choix qui parle à tous ! Avec finesse et justesse, l’auteur explore ici le coeur des cinquantenaires confrontés à la réalité du temps qui passe et l’envie de vivre encore des choses loin de la routine journalière. Toute la mécanique du boulevard est là, mais en général dans ses pièces, l’intérêt se porte moins sur ce qui est dit que sur ce qui ne l’est pas. Ici, c’est tout le contraire. L’originalité de « L’Envers du décor » réside dans le fait que le public est le témoin et le réceptacle des pensées des personnages qui s’expriment en aparté. Les acteurs jonglent en permanence avec la technique du double langage et une vérité comique, cruelle et merveilleusement pathétique, apparaît.
D’un côté, il y a Claire, 48 ans, qui se crée le faux profil Facebook d’une femme de 24 ans et entame une relation virtuelle avec Chris, 36 ans. En parallèle, Camille Laurens, l’autrice elle-même, assure à son éditeur que le récit de Claire n’est en fin de compte que le sien, la réalité dépassant de loin la fiction...
Summertime est à la fois une occasion créée pour se réunir de nouveau et également un projet de recherche dont les objets centraux sont la chaleur solaire et chromatique, l’amplitude du mouvement et les relations humaines qui s’en nourrissent. Une chorégraphie qui reflète l’insouciance et le bonheur, un véritable baume au cœur pour tous.tes.
L’artiste, habitué des créations contemporaines à la limite entre danse et performance nous propose ici un grand retour à la chorégraphie centrée sur le mouvement. Pour ce faire, il réunit une équipe de pointe qui n’en est pas à son premier essai. La pièce est créée pour cinq danseurs et cinq musiciens qui nous viennent de part et d’autre de l’Europe et réunissent à eux seul.e.s huit nationalités. A cela s’ajoutent deux éléments : la lumière et la couleur, ingrédients scénographiques principaux. Musicen(ne)s et danseur(euse)s évoluent sur un tapis blanc dont l’accroche et la réflexion de la lumière contribuent à construire un univers vibrant et éclatant.
L’énergie rayonnante qui se dégage de la pièce est assistée par une création musicale directement inspirée d’un répertoire baroque. Les sonorités anciennes qui accompagneront les corps des danseur(euse)s, seront tantôt interprétées par le quintet « The Wig Society », tantôt enveloppée dans les compositions électroniques totalement contemporaines de Jean-François Lejeune.
Un cœur simple est au départ une nouvelle de Gustave Flaubert tirée du recueil Trois contes, qui retrace l’histoire d’une servante au 19e siècle, en Normandie, Félicité de son prénom... Isabelle Andréani l’a adapté pour le théâtre et l’incarne avec toute la force émotionnelle et lumineuse qu’on lui connait, Xavier Lemaire l’accompagne dans une mise en scène fluide et charnelle.
Une association magistrale de littérature et de théâtre.
Sensible et pleine d’esprit, cette pièce qui retrace la destinée de Marie Caillaud - petite paysanne berrichonne engagée au service de George Sand - nous a comblé jusqu’à la dernière minute. Enchainant les succès, du Festival Off d’Avignon à Paris, cette histoire d’émancipation se suit avec gourmandise et offre un rôle à la mesure du talent de Béatrice Agenin. Lorsque, à onze ans, Marie Caillaud entre à Nohant au service de George Sand, elle ne sait pas encore qu’on l’appellera « Marie des Poules », la servante qui va chercher les œufs au poulailler. Elle ne sait pas non plus qu’elle y apprendra à lire, à écrire, à jouer la comédie et à interpréter 35 pièces écrites par George Sand. Elle sait encore moins qu’elle éprouvera les souffrances d’un amour pour Maurice, le fils de George, qui entretiendra avec elle une liaison pendant plusieurs années. Quelle sera l’attitude de George Sand ? De Maurice ? Les conventions sociales briseront-elles les espérances de Marie ? Quel sera le destin de Marie des Poules ?
Boris n’a rien trouvé de mieux que d’emmener sa maitresse dans un restaurant recommandé par sa femme. Ils se disputent et en faisant marche arrière, il renverse Yvonne, la belle-mère de la meilleure amie de sa femme (vous me suivez ?). En partant d’une situation anecdotique, se déroule le fil d’une tragi-comédie de la catastrophe. Faire « bonne figure » est le dernier rempart, mais très vite les émotions l’emportent sur la bienséance, et la soirée tourne au carnage.
Yasmina Reza prend un malin plaisir à faire tomber les masques et personne ne sortira indemne d’un jeu social et amoureux à la cruauté ordinaire.
Tø, Glär et Mår, un frère et deux soeurs, chantent ensemble depuis leur plus tendre enfance suédoise. Ils nourrissent une curiosité insatiable et un amour immodéré pour les classiques de la chanson française. Ils interprètent, réécrivent, détournent et même retournent leurs chansons préférées avec une singularité surprenante. Avec leur premier spectacle, Hømåj à la chonson française (de 2012 à 2019), ils écument les routes de France à bord de leur Volvo bleu arctique, et jusque dans les contrées francophones lointaines de la Réunion, de L’Ile Maurice et du Québec.
Le reste du temps à Paris, ils profitent de leur studio en bordure du périphérique, et se produisent dans des salles mythiques en première partie, notamment, de Franck Dubosc, Arnaud Ducret et Blanche Gardin (Le Trianon et en direct dans 250 cinémas de France et de Belgique). Ils font salle comble à Avignon 5 années de suite et se produisent dans de nombreux festivals. Mais ils n’ont pas le temps de s’endormir sur leurs Krisprolls, les voilà déjà investis d’une nouvelle mission : animer la soirée de mariage de leur plus vieil ami, Magnus, avec une Française, Gwendoline. Un honneur bien embarrassant pour les Blønd and Blönd and Blónd, qui feront de leur mieux pour célébrer l’union des jeunes mariés avec leurs reprises de chansons toujours plus décalées et quelques invités surprises. Pas sûr cependant que Magnus ait fait le bon choix… Car comme on dit en Suède : La parure du rêne masque mal son odeur de fruük,
Souvent présentées à Wolubilis, les créations de Mourad Merzouki sont autant de nouveaux défis. Après avoir propulsé ses danseurs dans les airs (Vertikal), cette figure incontournable du hip-hop continue d’exalter cette danse dans un jeu avec les forces naturelles. De l’apesanteur au souffle de l’air, de la verticale à l’horizontale, il opère une rotation à 90 degrés et imagine un corps à corps avec le vent tel celui que les marins affrontent sur les mers. Quoi de plus naturel quand on sait que cette nouvelle aventure chorégraphique s’inspire du Vendée Globe, mythique course à la voile.
Ed, enceint de 9 mois, vient d’arriver à la maternité. La délivrance est proche. Avec Lisa, sa femme, cadre dans une entreprise et surchargée de travail, ils ont décidé d’inverser les rôles: c’est Ed qui porte l’enfant. Ed, donc, va connaître les affres de l’accouchement en attendant sa césarienne. Il est inquiet, grognon, injuste...
Et la sage-femme imperturbable et l’obstétricienne, largement débordées par les urgences médicales, ne le rassurent pas beaucoup.
Autant qu’une comédie politique sur l’inversion des genres, Birthday est une vraie charge contre les préjugés, le racisme et l’hôpital public anglais, déserté, faute de moyens, par le personnel hospitalier.
Birthday, de Joe Penhall a fait un succès remarquable il y a trois saisons au Royal Court à Londres, qui est, décidément, une des grandes sources d’inspiration du Poche.
Spectacle de la saison 20-21
Blood Brothers : le spectacle est maintenu les vendredi 23 juillet, samedi 28 août (au lieu du 21) et mercredi 1er septembre 2021 à 20h30.

Cette pièce met en scène 2 acteurs de générations différentes, François Berléand et Max Boublil, pour rire avant tout et pour rendre hommage au théâtre, aux acteurs comme au public.
Qui observe qui ? Que se passe-t-il sur scène ? Dans les coulisses ? Dans la salle ?
Des superstitions, des règles, des rivalités, des anecdotes, des petits secrets… seront révélés et seront surtout des prétextes pour s’en amuser tous ensemble !
Cette expérience théâtrale devient un vrai moment de bonheur signé Laurent Ruquier.